محمد خير الدين: لمحات من السيرة الذاتية والأدبية لكاتب أمازيغي

اkhair-eddine1-300x187 محمد خير الدين: لمحات من السيرة الذاتية والأدبية لكاتب أمازيغي أدب و فنون

لإنسان السوسي لا يمكن أن ينسى أصله  مهما وصل مجده و لا يمكن أن  يزيل من ذاكرته أبدا  قريته التي رأى فيها النور و لو عاش في أرقى عواصم العالم ، المرحوم محمد خير الدين الكاتب و الأديب المرموق  نموذج  لهذا السوسي الذي ضل يكتب عن قريته و هو في فراش الموت

يعتبر محمد خير الدين من أبرز الشخصيات الأدبية المغربية في القرن العشرين. ولد الشاعر والروائي المغربي محمد خير الدين في قرية تافراوت في تزنيت. هاجرت اسرته إلى الدار البيضاء حيث كبر محمد وترعرع. ترك الدراسة باكراً وعمل وهو في العشرين من عمره مندوباً لصندوق الضمان الاجتماعي في الجنوب. استقال سنة 1965 من منصبه وهاجر إلى باريس

رجع محمد خير الدين إلى المغرب سنة 1979 بعد غياب ستة عشر عاما وبقي في بلاده حتى وفاته بعد أن اصيب بمرض عضال قاتل

بدأ محمد يكتب الشعر وهو بعد مراهقاًَ. وكان ينشر قصائده في صحيفة ” لا فيجي ماروكين”. وكانت قصائده محبوكة على الطريقة الكلاسيكية وبلغة فرنسية انيقة. وبرز في الستينات كواحد من ألمع الشعراء المحدثين إلى جانب الطاهر بن جلون وعبد اللطيف اللعبي ومصطفى النيسابوري وعبد الكبير الخطيبي.

صدر لخير الدين كتابه الأول في لندن سنة 1964 بعنوان ” غثيان أسود” وقد ضم قصائد تشي بيأس وجودي متأصل. وفي سنة 1967 نشرت له دار سوي الفرنسية رائعته ” أغادير” التي كتبها في أعقاب الزلزال الذي دمر المدينة سنة 1960

بعد عودته إلى المغرب أصدر محمد خير الدين ديوان شعر جديد سماه ” انبعاث الورود البرية”. وواظب في المغرب على نشر نصوص متفرقة في جريدة ” المغرب” الفرنكوفونية التي كانت تصدر في الثمانيات من القرن الماضي. وشكلت هذه النصوص نواة رواية جديدة غاص فيها عميقاً في أصوله السوسية الغابرة ونشرتها كالعادة دار سوي الفرنسية سنة 1984 بعنوان ” أسطورة وحياة أغونشيش”. وكان آخر عمل شعري أصدره قبيل وفاته ديوانه “نصب تذكاري”. وبعد موته 18 نونبر 1995 نشرت له ترجمات ثلاث لمذكراته الأخيرة على فراش الموت

كتب محمد خير الدين بالفرنسية فقط، ولم يكتب مطلقاً بالعربية أو بالأمازيغية،

للإخوان الذين يتواصلون باللغة الفرنسية أقدم بعض ما قيل في إحدى الروائع الأدبية للراحل محمد خير الدين


Compte-rendu de lecture :

 

Il était une fois un vieux couple heureux, de Mohammed Khaïr Eddine

(Seuil, 2002, 186 p)

 

par Annie Devergnas

 

 

Quel est donc ce « récit d’une beauté surprenante », que le titre apparente en effet à une légende ? Un couple de vieux montagnards Berbères, fidèles et paisibles, restés dans leur montagne du Sud marocain, constatent au fil des ans les changements dus au modernisme qui touche même leur petit village écarté. Leur vie est simple. Toujours dans son Journal, l’auteur présente ses personnages dans leur cadre :

 

La femme prépare un bon tagine, Bouchaïb [« le Vieux »] fume et boit du thé. Le chat est allongé près de son maître. Le ciel est un fleuve de diamant très scintillant (la voie lactée), la nuit est pleine d’odeurs et de bruits. La nature vit. Il y a là un rythme serein, une paix divine. (7 août)

 

Plus loin dans son Journal, Mohammed Khaïr-Eddine explique l’importance toute personnelle qu’il attache à la description répétée des menus du vieux couple, en tant que « narrateur frustré » qui ne peut plus rien avaler de solide et tâche ainsi de « compenser ses manques ».

 

Il n’est pas difficile de voir en ce Vieux si sage, revenu au pays après des années d’aventures « dans le Nord » – ce « Nord » où la civilisation moderne exerce ses ravages – le double nostalgique de l’écrivain, celui qu’il aurait aimé être dans ses vieux jours. Le vieux Bouchaïb connaît tant de choses ! L’histoire de son pays, les coutumes ancestrales, la poésie, l’astronomie, la faune et la flore de sa montagne, mais aussi le mode de vie occidental. Il a beaucoup lu, et sa principale occupation, quand il ne commente pas l’actualité qui lui parvient par la radio et les visiteurs, est la composition de poèmes hagiographiques en langue berbère.

Son héros a trouvé le bonheur dans la renon poèmes mis en musique sont diffusés sur les ondes : il devient célèbre à Agadir, et il est même connu à Paris…

 

A travers ce vieillard qui lui ressemble, Khaïr-Eddine s’exprime sur tous les sujets qui lui tiennent à cœur : la Résistance héroïque des anciens face à l’Occupant français, l’émigration, les bouleversements économiques, les causes humaines de la sécheresse, l’abandon des campagnes au profit des grandes villes, la misère des uns et la cupidité des autres.

Les « arrivistes » surtout le mettent en colère, et les profiteurs de tout poil ; mais la vue d’un amandier en fleur suffit à le calmer. Il ne refuse pas certains avantages du modernisme : on voit Bouchaïb acquérir une radio, une poêle en acier inoxydable, un réchaud à gaz… Mais la solution aux problèmes économiques et écologiques serait, selon lui, que les montagnards restent sur leurs terres, à vivre frugalement de leurs récoltes. Sa femme qui l’écoute avec respect, et donne à l’occasion son opinion, toujours modérée, et ses animaux favoris, chat, âne, mule, qu’il traite comme ses enfants, suffisent à son bonheur. Il fume et boit beaucoup de thé, parfumé à la menthe de son jardin, écrit ses poèmes (dont il décrit la naissance, par bribes qui s’imposent à lui, le réveillant parfois la nuit), et ne regrette pas de ne pas avoir eu d’enfants. On l’invite dans le village à chaque événement important : tel est ce Vieux, modèle d’humanisme et de sagesse.

 

Dans ce récit sans chronologie, où dès le début il nous montre les ruines de la maison du vieux couple, Mohammed Khaïr-Eddine ne manque pas de décrire ces paysages qu’il connaît bien, de nommer avec précision, selon son habitude ciation : « Heureux celui qui, comme l’Ecclésiaste, est revenu de tout. Il reste tranquille, il attend ce que Dieu lui a promis et il travaille pour vivre là où il se trouve. Car la vie est partout, même dans le désert le plus aride ».

Ce sont les dernières lignes du récit.

 

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